Les convulsions iraniennes

En Iran, la guerre est ouverte. Le 19 décembre 2017 Ahmadinejad a déclaré qu’il était temps que le chef du pouvoir judiciaire Sadiq Larijani Amoli, frère du président du parlement, donne sa démission, sans quoi il faudrait le destituer. Par ailleurs un juge a condamné Bagai par contumace à 63 ans de prison parce qu’il avait accusé le président du pouvoir judiciaire d’avoir 63 comptes bancaires secrets qui se remplissaient à chaque exécution capitale – comme ce fut le cas pour Mah Afaridi, un milliardaire régulièrement condamné par les tribunaux à huis clos. On ne sait pas si ces « 63 ans » sont une provocation ou non, mais le courrier de la sentence est réellement parvenu à l’adresse de l’accusé.

Le prix de l’essence est passé de 1000 a 1500 rials et il y a déjà des révoltes contre cette augmentation sauvage des prix.  Ensuite ils ont dit que c’était seulement une proposition… mais l’augmentation de plus de 40% s’est maintenue. Ils sont en train de supprimer de nombreux subsides à la population et il faut s’attendre à des révoltes et des troubles….

Le parlement iranien discute la proposition de bilan du gouvernement Rohani pour les 4 prochaines années. Ils coupent les subsides sociaux pour les familles et pour les personnes et d’autre part ils augmentent le prix de l’essence de 50%, pour soi-disant créer des postes de travail, mais ils ne disent pas un mot d’explication sur comment ils vont s’y prendre pour créer un million d’emplois ! En outre, les milliards que gagne le gouvernement en supprimant ces subsides n’apparaissent nulle part dans le nouveau projet de budget. Ce n’est pas une particularité de l’Iran, tous les gouvernements néolibéraux font la même chose : stimuler le secteur privé. Mais les gens ne se laissent pas tromper par cette démagogie populiste.

L’attaque du Guide Khamenei contre Ahmadinejad et son groupe visait en particulier ses activités et ses accusations concentrées contre le pouvoir judiciaire. Il est difficile d’interpréter cela autrement que par le fait d’une impasse dans ce moment décisif pour un bond en avant. Khamenei a toujours nié l’existence d’un réel bipolarisme dans le pays. Il a certes justifié le bipolarisme des conceptions religieuses, entre le bien et le mal, mais pas celui des concepts de l’ancien dualisme zaratoustrien entre Mazda et Ahriman (1), mais seulement entre le juste et l’injuste, évitant ainsi d’affronter directement ceux qui sont au sommet du pouvoir iranien.

Le 30 décembre 2017 aura lieu la commémoration du jour où la rébellion spontanée des masses a mis fin aux 8 mois de contre-révolution colorée (dite « révolution verte »). Ce sont les mêmes qui sont aujourd’hui à la tête du pouvoir exécutif et législatif. Le pouvoir judiciaire est terrible, inaccessible. Son chef est le frère du président du parlement et il est nommé directement par le Guide Khamenei. On ne sait pas s’il est capable ou non de diriger et contrôler l’appareil judiciaire. Des rumeurs sont en train de circuler à propos de l’arrestation de plusieurs espions de l’impérialisme, disant que Rohani et le chef des services de renseignement demandent leur libération. L’un d’eux, Jalali (2), avait été condamné à la peine capitale. Le ministre britannique des affaires étrangères, Philip Johnson, s’était rendu à Téhéran la semaine passée pour, selon ses dires, éviter leur condamnation et les faire libérer.

Les juges ont finalement arrêté et ensuite laissé en liberté le frère du président Rohani et le frère de son vice-président Giahanghiri. Mais d’autre part, ils ne manquent pas d’attaquer Chavez et Ahmadinejad et de condamner à 63 ans de prison des gens comme Bagai, de l’équipe d’Ahmadinejad. Ce dernier est reparti en tournée, il est très bien accueilli par les gens qui se rebellent contre de si importants abus de pouvoir, contre les injustices, la misère et contre la vie chère. Que va faire le Guide ? Va-t-il lui ordonner de s’arrêter ? S’il fait cela, les autres qui le veulent mort, passeront à l’attaque, mais Ahmadinejad ne s’arrêtera pas pour autant. Demain il se rendra à Busher, la ville des centrales nucléaires où se trouvent les Russes…

Les tremblements de terre se poursuivent en Iran, tant sur le plan géologique que politique et social. Aujourd’hui 30 décembre 2017 on commémore la rébellion populaire d’il y a 8 ans, contre le « coup coloré » porté contre la réélection d’Ahmadinejad. Il y aura des célébrations dans 1200 villes, avec des résolutions finales centrées contre l’impérialisme US, britannique, Israël. L’ayatollah Mohsen Araki à Téhéran dit que l’on revient à la situation d’avant les accords sur le nucléaire, que ces accords ont échoué parce que les Etats-Unis ne les ont pas respectés. S’il en va ainsi, ce sera un fort coup politique porté contre Rohani et l’axe de sa politique extérieure. Le gouvernement est accusé, sans le dire directement, d’avoir serré la main à l’ennemi et d’avoir fait croire à des résultats qui ne pouvaient pas être obtenus. En revenir à la situation antérieure aux accords revient à réactiver l’enrichissement de l’uranium pour les centrales électriques et à en enrichir 20%  également pour les hôpitaux, reprendre les activités spatiales, satellitaires et les missiles. Tout dépend également des réactions de Trump qui peuvent faire accélérer la rupture.

Les manifestations d’aujourd’hui ont entendu de multiples attaques de la part des orateurs, contre de fantomatiques intrigants « intérieurs ». Ils ne disent pas clairement s’ils visent Ahmadinejad ou non.  L’important est que ces deux derniers jours, après des références à des questions de politique internationale, on a surtout mis la force contre « le complot économique », contre la vie chère, contre les voleurs, contre les hauts salaires des directeurs, dans toutes les villes importantes. Pendant ce temps, l’Iran tremble tous les jours de l’Est à l’Ouest.

Les manifestations contre la corruption, contre la crise économique et le chômage, se sont faites sans autorisation, il y a eu certaines provocations et un appui des medias internationaux, et de Trump lui-même, c’est pourquoi les autorités iraniennes les ont mal supportées. Les réactionnaires d’un peu partout ont accusé Ahmadinejad d’avoir fomenté et provoqué ces manifestations, disant qu’il participait à un complot. A propos de l’intervention agressive du Guide Khamenei d’il y a quelques jours contre Ahmadinejad, on ne peut pas encore dire si elle visait ou non une activité précise. Mais le Guide, en tout cas, n’a pas défendu le pouvoir judiciaire qui est visé par les attaques des « trois mousquetaires ».  Dans une des villes aujourd’hui c’est un commandant des Pasdarans (Gardiens de la révolution) qui était l’orateur et il a attaqué les Etats-Unis. Les Pasdarans  interviennent directement et politiquement au plus haut niveau. Ils font des réunions continues avec le Guide, et d’autre part le parlement est en train de débattre du budget du gouvernement qui est terriblement antipopulaire.

Le parlement ne peut rester imperméable aux protestations et aux mobilisations populaires. De même on ne peut dissocier les manifestations précédentes à caractère économique interne de celles d’aujourd’hui qui ont des slogans de politique internationale. A Machhad, (2e ville d’Iran), les gens n’ont pas suivi les slogans des orateurs qui attaquaient Ahmadinejad, mais en général il y  avait une tendance à critiquer sa forte activité contre les appareils corrompus et arrogants, en particulier contre le pouvoir judiciaire et son président. L’impérialisme souffle sur la braise des protestations à caractère économique, en cherchant à leur donner un caractère ethnique. Mais cela ne marchera pas. Même au Kurdistan et à Sanandaj (capitale du Kurdistan iranien), il y a eu des manifestations en appui au Guide et contre l’impérialisme. Ces facteurs sont en train de se combiner et les puissantes manifestations aboutiront à une synthèse sociale, vers une politique révolutionnaire, mais on ne sait pas à quel prix. Il y a encore des types prêts à faire d’autres provocations comme ces menaces de jeter des bombes sur le parlement…

Depuis longtemps Ahmadinejad se dit surpris des provocations du gouvernement sur le plan économique. Il semble s’attendre à une réaction populaire. Les Pasdarans se disent prêts à intervenir. Mais le ministre de l’Intérieur – un foutu provocateur – dit que non. Plusieurs réseaux sociaux sont en train d’être interdits ou filtrés, y inclus Telegram par lequel Ahmadinejad communique…

Extraits de lettres du 21 au 31 décembre 2017 de notre correspondant en Iran

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Ce n’est pas seulement l’augmentation du prix des œufs de 40% qui aurait « fait déborder le vase » de la colère populaire, cela fait des mois et des années, et non 4 ou 5 jours, que les gens protestent dans toutes les régions contre les attaques d’une minorité de spéculateurs acrobates et privatiseurs qui sont au gouvernement. C’est un gouvernement de la même « couleur » que celui de la « révolution verte » d’il y a 8 ans. Ceux qui en son sein ont lancé cette provocation de l’augmentation du prix des œufs se sont vite cachés. C’est curieux que l’Iran, qui était exportateur d’œufs, soit devenu brusquement un importateur… Cette provocation a échoué en quelques jours et on se rapproche maintenant du règlement de comptes auquel tout le monde s’attendait depuis des années…

Aujourd’hui 2 janvier 2018 Khamenei est apparu publiquement. Il avait une attitude tranquille. Les gens ont compris le sens de cette provocation et ne sont pas tombés dans le piège. Des groupes isolés ont augmenté leurs actions violentes, y inclus contre les manifestants eux-mêmes. Ce ne sont pas des jeunes des quartiers populaires mais des gens venus d’ailleurs qui tirent de loin et tuent pour ensuite faire accuser les forces de sécurité. Ils ont attaqué des lieux de culte, des postes de police, détruit des drapeaux de la République islamique et des photos de Khamenei.  Ils sont soutenus par l’impérialisme. Il semble que ces gens voulaient s’immiscer dans les manifestations populaires et exciter la colère et les luttes des masses, qui se produisent non pas depuis des jours mais depuis des années.  Ils n’ont pas réussi. Il doit y avoir deux tendances : une qui voulait faire exploser ou imploser l’Etat islamique avec l’aide d’une intervention extérieure impérialiste, et une autre qui voulait faire du chantage et des intimidations pour que les protestations continuent.

Le chantage du chef du pouvoir judiciaire est clair : les gens ont leurs revendications mais ils doivent savoir que les choses ne vont pas ainsi, qu’ils doivent agir selon des règles officielles, sans quoi il y a violences et contre-violences et le pouvoir va agir avec force. Maintenant, il cherche des boucs émissaires pour intimider les gens.

La brusque augmentation du prix des œufs est probablement la goutte qui a fait déborder le vase. Sous ce prétexte, les groupes violents ont commencé à lancer des attaques et provoquer des incendies, comme il y a 8 ans.

Samedi a eu lieu l’anniversaire de la mobilisation qui, il y a 8 ans, avait mis fin à la révolution « colorée » contre la réélection d’Ahmadinejad. Khamenei a fait un discours dirigé surtout contre ceux qui avaient fait confiance à l’impérialisme alors que les Etats-Unis n’ont pas respecté l’accord.

Les provocations viennent de l’intérieur, de certains cercles du pouvoir gouvernemental pour contrer la spirale ascendante contre le gouvernement. Il en fut de même avec les bombes sur le parlement, celles-ci ne devaient pas servir à faire exploser le parlement, mais à intimider et faire du chantage pour faire place au 2e gouvernement Rohani, et c’est ce qui s’est passé.

Le gouvernement était en train de débattre la prochaine loi financière d’orientation très libérale. Il supprime toutes les subventions destinées aux gens et libère les prix. Le parlement, qui est plus sensible aux pressions des gens, a imposé des modifications et rétabli les subventions sur le pétrole, les médicaments. Ce débat n’est pas encore terminé, mais les parlementaires persistent à dire que ce budget est antipopulaire et qu’il doit être modifié dans un sens plus favorable à la population. Ahmadinejad est en tournée dans tout le pays. Il déclare que le gouvernement doit démissionner : dehors !

Le gouvernement aurait imposé l’état d’urgence s’il l’avait pu, mais il ne peut pas le faire. La radio informe ce matin que les provocateurs tirent de loin et tuent des gens pour ensuite accuser les forces de sécurité d’en être responsables, que ce ne sont pas habitants de la ville où les faits se sont produits, mais des gens venus de l’extérieur, qu’ils ont été identifiés mais pas arrêtés et qu’il y a une certaine lenteur à les arrêter.

Les Pasdarans avaient déclaré être disposés à intervenir mais le ministre de l’intérieur, Gazli, s’y est opposé, il semble laisser faire les provocateurs et pendant ce temps il coupe les réseaux sociaux. Par contre le canal Amadnews a fonctionné normalement jusqu’à il y a deux jours, alors qu’il ne cesse d’inciter et d’organiser des actes de violence comme la préparation de bombes rudimentaires, la manière de provoquer des incendies ! Par contre, le site d’Ahmadinejad est supprimé depuis un mois. Les provocateurs ont attaqué et incendié des bureaux de police pour s’emparer des armes, certains lieux de culte, des banques, des drapeaux de la République islamique et des photos du Guide Khamenei.

Les provocations ont commencé la veille de l’anniversaire des énormes manifestations de masses d’il y a 8 ans pour mettre fin à la « révolution colorée » contre la réélection d’Ahmadinejad. Cette commémoration avait lieu au milieu des protestations contre les mesures économiques du gouvernement, qui durent, non pas depuis des jours mais depuis des mois. Entretemps Ahmadinejad avait visé le pouvoir judiciaire, demandant la démission de son président, du Juge général et de celui de Téhéran, ainsi que d’autres juges impliqués dans des affaires louches.

La situation du pays est depuis longtemps sur une ligne de rupture. D’un côté les appareils réactionnaires et corrompus des institutions, une bourgeoisie affairiste, de nouveaux riches, liés aux banque privées intérieures et internationales dont le gouvernement est le représentant, divers secteurs de la petite bourgeoisie aisée, dont des intellectuels, universitaires, artistes et cinéastes. De l’autre côté, les forces révolutionnaires, présentes surtout dans l’armée, chez les Pasdarans, les milices et par les grandes masses populaires iraniennes.

Cet équilibre est sur le point de se rompre aux dépens du gouvernement. Le pouvoir judiciaire, essentiellement réactionnaire, est entre le marteau et l’enclume, d’une part il attaque les tendances révolutionnaires « justicialistes » comme celle d’Ahmadinejad, de l’autre il arrête les frères du président Rohani et du vice-président Giahanghiri, qui sont des corrompus. Les bombes posées au parlement et au mausolée de Khomeiny n’étaient pas destinées à exploser. Elles étaient placées comme une épée de Damoclès pour imposer la réélection de Rohani. La réélection de ce dernier fut le résultat d’un coup de force au sein de l’appareil et non de forces sociales.

Au cours des 4 premières années de son gouvernement, la situation internationale s’était modifiée : défaite du camp impérialiste agissant par procuration au moyen de Daesh, élection de Donald Trump. La nouvelle politique américaine a accentué la crise de la politique extérieure de Rohani du fait de l’échec des accords sur le nucléaire, donnant raison au Guide Khamenei qui s’y était opposé.

Et maintenant au bout de six mois après sa réélection, Rohani propose ce nouveau plan financier qui augmente encore les mesures néolibérales et de privatisations, supprimant les subventions aux familles ouvrières qui leur permettaient de payer l’eau, le gaz, l’électricité, supprimant 125 médicaments de la liste des prix contrôlés. En outre ce gouvernement ne paie pas les bénéfices des actions des entreprises aux familles des travailleurs, il réduit de moitié les grandes entreprises productives de l’Etat, il stimule la privatisation des ports, il étouffe les grandes entreprises mixtes, il met les banques dans les mains du privé, il laisse une entrée libre et massive aux importations qui ont provoqué la fermeture d’un grand nombre d’entreprises nationales, il a fait fermer et a paralysé la grande entreprise Garargah Sazandeghi des Pasdarans, dont la plus grande raffinerie du Moyen Orient, « l’Etoile du Sud ». Celle-ci était réalisée à 90% et une fois terminée l’Iran aurait été autosuffisante dans la production et la consommation de carburant. La liste est longue des travaux bloqués ou laissés à l’abandon, en ce qui concerne les logements populaires, les chemins de fer Nord-Sud, le gazoduc dit « de la Paix » vers l’Est, les centrales nucléaires pour la production d’électricité.

La commémoration de cet anniversaire devait finalement être un virage politique, de rupture avec la politique de conciliation suivie jusqu’ici. Khamenei avait fait un peu avant un discours énergique portant un sérieux coup contre ceux qui « avaient voulu serrer la main de fer impérialiste recouverte d’un gant de velours », c’est-à-dire le gouvernement Rohani.

Le président du pouvoir judiciaire, Amoli Larijani , qui faisait partie de ceux qui avaient allumé la mèche des mouvements de provocateurs, a fini par déclarer que les gens avaient des revendications justes et que les juges devaient les aider à exprimer celles-ci par les canaux officiels et non dans les rues, pour ne pas prêter le flanc aux provocations.

Mais les gens ont compris et sont quand même dans la rue. Finalement, le parlement a réclamé des changements importants par rapport au plan financier présenté par le gouvernement : presque tous les aspects antipopulaires du plan sont annulés, il n’y aura aucune augmentation des prix du gaz, de l’eau, de l’électricité, on ne supprimera pas les subventions populaires, on n’augmentera pas le prix de l’essence, et d’autres mesures encore, de sorte que c’est quasi un nouveau plan qui est en débat. Et Ahmadinejad a demandé publiquement la démission du gouvernement…

5 jours après les grandes manifestations dans 1200 villes pour la commémoration de l’anniversaire, il y a de nouvelles manifestations, plus puissantes encore, compactes, énergiques, pour stopper les provocations des « lumpen » sociaux et intellectuels. Ceux qui ont voulu jeter de l’huile sur le feu et profiter des manifestations pour détourner l’attention ont fonctionné comme un boomerang, qui a certes allumé le feu mais contre eux-mêmes. Les manifestations populaires ont été plus compactes, elles ont regroupé les Iraniens, les Perses, les Kurdes, les Arabes, les Baloutches, les Gilaki, tout le monde s’est centralisé autour du Guide Khamenei, y compris les Pasdarans, les Basij (milices populaires), l’armée nationale, et ils ont cassé cette opposition réactionnaire et contre-révolutionnaire qui n’est pas le fait de cette poignée de provocateurs mais bien celui des appareils institutionnels et d’une partie du gouvernement lui-même.

Le commandant des Pasdarans, Jafari, a déclaré que c’en est fait des provocations. Niki Heyli, l’ambassadrice des USA auprès de l’ONU, qui répétait les slogans de la contre-révolution d’il y a 8 ans, a raté son coup vu que la « démocratie et les droits sociaux » en Iran ont occupé toutes les villes iraniennes en défense de l’Etat révolutionnaire autour du Guide Khamenei.

Nous sommes à un tournant, mais cela ne veut pas dire que la suite se produira automatiquement. En tout cas, la loi financière présentée maintenant par le parlement perdra son caractère antipopulaire et libéral. Cela aura des conséquences immédiates dans les mesures économiques que le gouvernement devra adopter et à moyen terme au sein des responsables des différents pouvoirs.

Il y a une fameuse crise dans les medias européens qui appuyaient Rohani et qui maintenant ne savent plus de quel côté se tourner. Certains dirigeants américains et les Français s’inquiètent de l’annulation des accords sur le nucléaire. La France intervient dans l’industrie pétrolière iranienne et cherche à remplacer l’Italie qui était le plus important partenaire industriel de l’Iran. Mais la stupidité historique de Macron le porte à soutenir également des positions proches de celles de Trump, en disant que les accords nucléaires devraient être complétés par des accords sur les missiles, l’espace, mais rien sur l’intervention contre Daesh.

Extraits de lettres du 1er au 4 janvier 2018 de notre correspondant en Iran

 

Notes :

(1) Ahura Mazda – « Seigneur de la sagesse » en persan est une divinité centrale de l’ancienne religion mazdéenne. Ahriman – esprit démoniaque opposé au dieu Ahura Mazda dans le zoroastrisme.

(2) Jalali Ahmadreza – physicien et chercheur affilié à l’Institut Karolinska de Stockholm, accusé de collaboration et emprisonné depuis avril 2016.